L’appel à projets pilotes du Centre NUTRISS a comme objectif de stimuler les collaborations

intersectorielles entre les membres chercheurs de différents axes de recherche du Centre.

 

Projets pilotes financés et retombées

2020-2021

Vincent Fradet

Faculté de médecine, Université Laval

Jean-Philippe Drouin-Chartier

Faculté de pharmacie, Université Laval

Résumé

Le cancer de la prostate (CaP) est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes canadiens affectant 23 300 hommes en 2020, et causant 4200 décès. De plus en plus d’évidences lient le risque de CaP aux habitudes de vie, et l’alimentation jouerait un rôle important dans cette relation. À cet égard, tant au Canada qu’à travers le monde, les recommandations nutritionnelles mettent l’emphase sur des patrons alimentaires riches en végétaux et faibles en aliments d’origine animale, considérant leurs bénéfices démontrés sur la santé cardiométabolique. Outre la quantité de végétaux consommés, la qualité de ces derniers est tout aussi importante. En effet, plus la consommation d’aliments végétaux transformés (p.ex. produits céréaliers raffinés, boissons sucrées) est élevée, plus le risque de maladies cardiométaboliques est élevé, et ce, indépendamment de la quantité d’aliments d’origine animale consommée. Cette dichotomie a été mise en exergue par le développement récent de trois indices de qualité nutritionnelle reflétant tant la quantité que la qualité des aliments d’origine végétale consommés: le Plant-based Diet Index (PDI), reflétant une alimentation riche en végétaux; le Healthful PDI (hPDI) valorisant la consommation d’aliments végétaux minimalement transformés; et le Unhealthful PDI (uPDI) reflétant la consommation d’aliments végétaux transformés. En prévention du CaP, plusieurs composantes nutritionnelles comme les acides gras polyinsaturés oméga-3, les acides gras saturés d’origine animale et le lycopène ont été associées au risque de développer ce cancer. Par contre, aucune étude n’a évalué la relation entre des patrons alimentaires riches en végétaux, la qualité des aliments composant ces patrons alimentaires, et l’incidence de CaP. Cette relation est particulièrement d’intérêt puisqu’elle permet d’intégrer l’effet cumulé et potentiellement synergique de plusieurs composantes nutritionnelles sur la santé prostatique.

L’objectif général est d’évaluer la relation entre une alimentation riche en végétaux, la qualité d’une telle alimentation et le risque de CaP. Spécifiquement, nous évaluerons la relation entre les indices PDI, hPDI et uPDI et le risque de CaP. 

Ce projet se déploiera par une analyse prospective ancillaire au sein de la cohorte multicentrique pan-québécoise BioCaPPE comprenant 2160 hommes à risque de CaP. À leur entrée dans l’étude, les participants ont complété des questionnaires validés sur leurs habitudes de vie, dont le questionnaire de fréquence alimentaire informatisé (webFFQ) de l’INAF. Les scores PDIs seront calculés à partir des données de ce dernier. La relation entre les scores PDI et le risque de CaP sera évaluée par des modèles statistiques ajustés pour différentes variables confondantes potentielles dont, entre autres, le niveau sanguin d’antigène prostatique spécifique, l’indice de masse corporelle et le niveau d’activité physique. Toutes les données et outils requis pour la réalisation de l’étude sont d’emblée disponibles assurant ainsi la faisabilité et le démarrage rapide et efficace de cette analyse.

 

Retombées

Résumé de l’avancement des connaissances

À venir

Subventions obtenues

À venir

Formation d’étudiantes et d’étudiants

À venir

Publications et présentations

À venir

 

 

 

Pierre-Olivier Méthot

Faculté de philosophie, Université Laval

Benoit Lamarche

École de nutrition, Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation, Université Laval

Simone Lemieux

École de nutrition, Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation, Université Laval

Alan Cohen

Département de médecine de famille, Université de Sherbrooke

Thomas BL Kirkwood

Newcastle University

Maël Lemoine

Université de Bordeaux

Résumé

Autrefois considéré comme le déclin inéluctable de toute vie, l’idée selon laquelle le vieillissement ne serait qu’un phénomène d’usure est aujourd’hui caduque. Complexe sur le plan physiologique, le vieillissement est placé sous le contrôle de processus spécifiques opérant à de multiples niveaux d’organisation biologique. Toutefois, la recherche n’a pas encore permis de résoudre le paradoxe suivant : pourquoi vieillissons-nous ? L’une des premières réponses à cette énigme fut avancée par le biologiste A. Weismann (1891). Pour Weismann, le vieillissement est indispensable pour la survie de l’espèce même s’il est néfaste pour l’individu. Cette vision finaliste (qui repose sur la sélection de groupe) a été remise en question par l’immunologiste P. Medawar (1952) qui proposa la théorie du fardeau mutationnel : plus l’organisme avance en âge, plus il accumule des mutations et moins la force de sélection exerce son action. Medawar fut rejoint par l’évolutionniste G.C. Williams, qui élabora la théorie de la pléiotropie antagoniste (1957) suivant laquelle un même gène peut avoir des effets opposés dans l’organisme. Exprimées mathématiquement par W.D. Hamilton (1966), ces hypothèses ont été intégrées par T. Kirkwood (1977 ; Kirkwood et Holliday 1979) dans le cadre de la théorie du soma jetable (SJ) selon laquelle il est plus avantageux pour l’organisme d’investir ses ressources énergétiques dans les fonctions de reproduction que dans la réparation des tissus (cellules somatiques), au-delà d’un certain âge. Le vieillissement serait donc le résultat de ce compromis évolutif (trade-off) entre différentes fonctions. SJ est aujourd’hui le paradigme dominant du vieillissement dans les sciences biom dicales (Cohen 2017).

Ce projet pilote a pour objectif d’étudier la compatibilité entre SJ et l’hypothèse de la restriction calorique (RC) en sciences de la nutrition. Depuis McCay (1935), la recherche a montré que la RC permet de ralentir le vieillissement chez de nombreuses espèces animales. Or SJ semble prédire un résultat opposé : la sénescence (le processus de vieillissement) résulterait de l’investissement massif et précoce des ressources de l’organisme dans les fonctions de reproduction au détriment de la réparation/maintenance du système biologique. Selon SJ, le vieillissement est le résultat d’une stratégie évolutive qui conduit l’individu, à terme, à laisser plus de descendants mais dont le coût est une durée de vie réduite. RC affirme au contraire qu’en réduisant l’apport calorique (et, de manière corollaire, l’investissement dans les fonctions de réparation de l’organisme) il est possible d’augmenter la longévité.

Le projet se fonde sur la mise en commun de l’expertise complémentaire des chercheurs en sciences de la nutrition et en biologie de l’évolution, et celle des chercheurs en sciences humaines et sociales. Le projet proposera une revue de littérature afin d’examiner les réponses apportées à l’idée selon laquelle RC serait une adaptation biologique. Ce travail de recherche reposera sur l’analyse des textes et de la méthodologie scientifique utilisée, sur des entretiens semi-structurés ainsi que sur des activités de transfert de connaissances.

 

Retombées

Résumé de l’avancement des connaissances

À venir

Subventions obtenues

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Formation d’étudiantes et d’étudiants

À venir

Publications et présentations

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Laure Saulais

Département d'économie agroalimentaire et des sciences de la consommation, Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation, Université Laval

Laurence Godin

Département d'économie agroalimentaire et des sciences de la consommation, Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation, Université Laval

Véronique Provencher

École de nutrition, Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation, Université Laval

Émilie Dionne

CIUSS de la Capitale-Nationale, Université Laval

Résumé

Les répercussions économiques et sanitaires de la crise de la COVID-19 ont accentué l’insécurité alimentaire au niveau mondial. Au Québec, au début de la crise, jusqu’à 26% des adultes étaient touchés. Certains segments de la population auparavant épargnés se sont révélés particulièrement vulnérables et les organismes communautaires ont vu émerger des profils nouveaux de demandeurs d’aide alimentaire. La volonté de mieux comprendre aujourd’hui les populations touchées mets en lumière deux défis présents de longue date dans la recherche sur cet enjeu social et sanitaire. Le premier défi est lié à la caractérisation et la mesure de l’insécurité alimentaire comme phénomène multidimensionnel. Au Canada, le niveau de sécurité alimentaire de la population est mesuré régulièrement depuis 2004 par l’intermédiaire du Module d’enquête sur la sécurité alimentaire des ménages (MESAM). Une de ses limites est sa focalisation sur l’accès quantitatif aux aliments, au détriment par exemple des aspects psychologiques et sociaux. Les nombreux remaniements méthodologiques opérés par différentes générations de chercheurs depuis les années 1990 illustrent bien la difficulté à capturer adéquatement ce phénomène. La crise de la COVID-19 pourrait ajouter à ce défi en faisant émerger de nouvelles dimensions de l’insécurité, liées en particulier à l’isolement social et culturel, à la perte de mobilité, aux enjeux de santé mentale ou encore à la fracture numérique. Le second défi est lié à la difficulté à atteindre la population d’étude. Selon l’INSPQ, les données sur l’insécurité alimentaire sous-estiment sans doute son ampleur du fait de cette difficulté, ce qui rend la représentation du phénomène particulièrement délicate. Certains motifs identifiés de non-participation à des études populationnelles (contraintes matérielles, niveau de littératie, problèmes de santé, défiance vis-à-vis des enquêteurs), sont pressentis comme étant surreprésentés dans les populations les plus vulnérables. Là encore, la crise de la COVID-19 introduit un nouveau contexte et donc de nouveaux défis d’identification.

Ce projet se divise en deux grands objectifs :

1) Recueillir la vision des acteurs du milieu quant à l’insécurité alimentaire dans la ville de Québec, dans le contexte de la crise de la COVID-19, de manière à pouvoir mieux mesurer et caractériser le phénomène.

2) Identifier et illustrer les contraintes, leviers et points critiques relatifs à l’étude des populations difficiles à atteindre, afin de pouvoir soutenir la recherche et l’action dans ce domaine.

Ce projet pilote s’inscrit dans une perspective globale et résolument interdisciplinaire qui combine :

1) Une enquête qualitative de terrain prenant la forme d’entretiens individuels ou de groupes de discussion virtuels ou, si le contexte le permet, en personne. Menée auprès d’une diversité d’acteurs orbitant autour de l’insécurité alimentaire à Québec (organismes communautaires, équipes scolaires, commerces locaux, etc.), cette enquête permettra de confronter la vision des acteurs aux approches scientifiques et opérationnelles dominantes de l’insécurité alimentaire.

2) La construction, à partir des témoignages d’experts, de récits agrégés et anonymisés qui rendent tangible la situation vécue par les groupes plus vulnérable. Ce corpus original de données qualitatives sera mis à disposition de la communauté scientifique et des acteurs de terrain pour la prise de décision et la recherche

3) Une revue de littérature approfondie et interdisciplinaire abordant (i) les dispositifs d’étude qualitative et indicateurs de mesure quantitative de l’insécurité alimentaire et (ii) les enjeux, contraintes et leviers méthodologiques de l’étude des populations difficiles à atteindre (sur le thème de l’insécurité alimentaire et au-delà).

 

Retombées

Résumé de l’avancement des connaissances

Synthèse des résultats

Subventions obtenues

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Formation d’étudiantes et d’étudiants

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Publications et présentations

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Jean-Philippe Drouin-Chartier

Faculté de pharmacie, Université Laval

Olivier Barbier

Faculté de pharmacie, Université Laval

Arsène Zongo

Faculté de pharmacie, Université Laval

Résumé

L’adoption d’une saine alimentation en combinaison avec l’utilisation de statines afin de réduire les concentrations de cholestérol LDL (C-LDL) fait partie intégrante des recommandations en prévention des maladies cardiovasculaires (MCVs) dans les populations à haut risque. L’effet des statines sur le C-LDL dépend du type de statine et de la dose utilisée : une dose plus élevée ou une statine plus puissante induisent des réductions de plus en plus importantes du C-LDL. D’autre part, une alimentation de haute qualité a aussi des effets bénéfiques sur les niveaux de C-LDL en pouvant induire des diminutions de plus de 30%. Curieusement, la relation et le potentiel synergique entre l’alimentation et l’utilisation des statines dans le contrôle du C-LDL demeurent méconnus. Cette relation est importante à évaluer d’abord parce que l’initiation de statines a été associée à des changements défavorables dans l’alimentation. Il a été rapporté que la perception qu’ont les utilisateurs de statines de l’efficacité supérieure à prévenir les MCVs de ces médicaments comparativement à l’alimentation peut les démotiver à adopter de saines habitudes alimentaires. Parallèlement, une importante variabilité interindividuelle dans la réponse aux statines est observée, avec des réductions dans les niveaux de C-LDL variant de 5% à 70%. Ainsi, près d’un individu sur deux n’atteint pas les cibles de réduction du C-LDL visées par l’initiation de cette médication. Cet élément n’est pas sans conséquence puisque le risque de MCAS chez les individus sous statines n’atteignant pas les cibles de réduction du C-LDL est plus de 15% plus élevé que chez ceux atteignant les cibles. À l’heure actuelle, la seule solution pour pallier à ce problème consiste à augmenter l’intensité de la médication. Toutefois, cette approche augmente les risques à courts et longs termes d’effets indésirables associés à statines, incluant la rhabdomyolyse (symptômes musculaires) et la toxicité hépatique. Caractériser la relation entre la qualité de l’alimentation et l’utilisation de statines dans le contrôle du C-LDL permettra de documenter la variabilité attribuable à l’alimentation dans la réponse à ces médicaments. Cela offrira d’abord une alternative non-médicamenteuse aux individus dont la réponse à ces médicaments est sous-optimale. Globalement, cela permettra surtout de renforcer l’importance attribuée à l’alimentation en prévention des MCAS en plus d’optimiser l’efficacité et l’usage des statines.

L’objectif général est de caractériser la relation entre la qualité de l’alimentation et l’utilisation de statines dans le contrôle du C-LDL. Les objectifs spécifiques sont d’évaluer 1) l’association entre la qualité de l’alimentation et l’utilisation de statines ; et 2) l’association entre la qualité de l’alimentation, l’intensité des statines et le C-LDL.

 Le projet se déploiera en une étude transversale au sein de la cohorte populationnelle québécoise CARTaGENE. L’échantillon à l’étude sera composé de tous les participants ayant rempli le questionnaire de fréquence alimentaire validé (Canadian Dietary History Questionnaire II) et dont le profil lipidique a été mesuré, soit environ 10 000 sujets. Cet échantillon contient environ 2000 participants sous statines. La qualité nutritionnelle des participants sera évaluée à partir de l’Alternative Healthy Eating Index (AHEI). L’intensité des statines sera catégorisée selon le type et la dose à partir de la classification de l’American Heart Association. Pour l’objectif 1, nous comparerons le score AHEI entre les participants sans statine et ceux avec statine, selon son intensité, à l’aide de régressions linéaires. Pour l’objectif 2, nous utiliserons des régressions linéaires où la concentration de C-LDL sera modélisée comme variable continue. Un terme d’interaction entre le score AHEI et l’intensité des statines sera inclus pour évaluer leur effet conjoint. Nous utiliserons des régressions logistiques où l’atteinte de niveaux seuils de C-LDL recommandés dans les lignes directrices (2,0 mmol/L) sera évaluée selon quatre groupes d’exposition définis selon la qualité de l’alimentation (sous-optimale/adéquate) et l’intensité des statines (faible vs modérée/élevée).

 

 

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2019-2020

Sehl Mellouli

Département de systèmes d’information organisationnels, Faculté des sciences de l’administration, Université Laval

Sophie Desroches

École de nutrition, Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation, Université Laval

 

Résumé

Les personnes se connectent de plus en plus sur les médias sociaux afin de rechercher de l’information sur la santé. Cependant, il n’est pas vrai que toutes les informations sur la nutrition véhiculées sur les médias sociaux soient fondées sur les meilleures évidences scientifiques en matière de nutrition et il n’est pas vrai que toutes les sources d’information sur les médias sociaux sont fiables. Ainsi, une personne, dans notre cas, peut se trouver à adopter des habitudes alimentaires ne reflétant pas les recommandations nutritionnelles suite à une désinformation recueillie des médias sociaux.

Le présent projet de recherche s’adressera à deux questions de recherche:

1) Comment assurer que les informations véhiculées sur les médias sociaux relativement à la nutrition sont fondées sur des évidences scientifiques et ne contredisent par les recommandations nutritionnelles actuelles?

2) Comment s’assurer que la source d’une information en nutrition sur les médis sociaux est fiable ?

Pour répondre aux deux questions de recherche, nous choisissons de travailler sur la plateforme Twitter. Le choix de la plateforme est dicté par le fait que plusieurs personnalités reconnues dans le domaine de la nutrition ou des associations qui s’intéressent à la nutrition publient fréquemment sur Twitter. Nous collecterons tout d’abord un ensemble de Tweets sur base de mots clés et de hashtags reliés à la nutrition et aux tendances actuelles en nutrition. Pour la question 1 : Nous commencerons tout d’abord par analyser le contenu de chaque tweet et voir si le tweet contient une information qui peut être exploitée ou bien si le tweet pointe vers une page web. Nous construirons en même temps une base de données sur des thèmes en nutrition à suivre et sur des thèmes en nutrition à éviter. Ensuite, en analysant les informations contenues dans les tweets ou dans les sites web, nous nous assurerons que l’information véhiculée reflète ou non les recommandations nutritionnelles actuelles. Pour la question 2 : on se basera sur deux approches complémentaires. Tout d’abord, nous allons mesurer à quelle degré une source d’information émet des informations reflétant les recommandations nutritionnelles (en se basant sur les résultats de la question 1). Nous allons également, en nous basant sur la littérature, développer un indice de confiance sur une source de données en combinant les degrés d’émission d’informations reflétant les recommandations nutritionnelles actuelles avec d’autres données telles que les « like » ou « dislike », les partages, et l’analyse de sentiments sur les réponses fournies à un tweet.

 

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Andréanne Michaud

École de nutrition, Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation, Université Laval

Catherine Bégin

École de psychologie, Faculté des sciences sociales, Université Laval

Alain Veilleux

École de nutrition, Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation, Université Laval

Laurent Biertho

Faculté de médecine, Université Laval

Résumé

L’obésité abdominale est associée à une fonction cognitive altérée et à une augmentation du risque de développer des maladies neurodégénératives. Les études en IRM montrent que les individus obèses sont caractérisés par une atrophie de la matière grise dans des régions du cerveau impliquées dans le contrôle de soi. Une atrophie de la matière blanche a également été observée dans un contexte d’obésité. Les individus obèses sont également caractérisés par un plus grand nombre d’hypersignaux au niveau de la matière blanche, un marqueur de maladie ischémique du système nerveux central. De plus, quelques études utilisant l'imagerie par tenseur de diffusion (DTI), une méthode d’IRM permettant d’évaluer l'intégrité des faisceaux de matière blanche, ont montré qu’une perte d'intégrité de la matière blanche est associée à une altération des fonctions exécutives chez les participants obèses. Toutefois, les mécanismes expliquant ces changements ne sont pas complètement élucidés. Les désordres métaboliques, tels que l'inflammation chronique de bas niveau et la résistance à l’insuline, ainsi que les changements au niveau du microbiote intestinal associés à l'obésité pourraient entrainer ces altérations au niveau des tissus cérébraux. De plus, il n'est pas clair si ces changements cérébraux sont permanents ou s'ils peuvent être renversés à la suite d’une perte de poids. La chirurgie bariatrique est un traitement efficace pouvant entraîner une perte de poids significative et une résolution des comorbidités chez les individus souffrant d’obésité sévère. Elle représente donc un modèle idéal pour évaluer si de tels changements permettent de renverser les altérations neurocomportementales observées avec l’obésité. De manière intéressante, quelques études montrent une amélioration des performances cognitives (attention, mémoire et fonction exécutive) 4 mois après la chirurgie. Toutefois, peu d’auteurs se sont intéressés aux effets de la chirurgie sur la structure et la plasticité cérébral. Nos plus récents travaux montrent une récupération rapide de la densité de la matière blanche et de la matière grise après la chirurgie, suggérant une plasticité des structures du cerveau après une perte de poids et une amélioration des altérations métaboliques. Par ailleurs, nous avons observé une association significative entre la réduction post-opératoire des niveaux sériques de la protéine de liaison du lipopolysaccharide (LBP), un marqueur d’inflammation, et l’augmentation de la densité de la matière blanche. Ces découvertes nous amènent à postuler l’hypothèse générale que les changements métaboliques et inflammatoires observés après la chirurgie bariatrique puissent améliorer l’intégrité de la matière blanche, la connectivité fonctionnelle et les performances cognitives. Toutefois, les changements structuraux que nous observons au niveau de la matière blanche (mesurés à partir des scans anatomiques) ne nous permettent pas de quantifier les changements au niveau de l’organisation et l’intégrité des faisceaux de matière blanche et d’examiner comment elles transmettent l’information d’une région du cerveau à l’autre (connectivité fonctionnelle).

Les objectifs spécifiquessont: (i) de caractériser les changements de la microstructure, de l’intégrité et des hypersignaux de la matière blanche ainsi que de la connectivité du cerveau 4 mois après la gastrectomie pariétale; et (ii) d’examiner comment ces modifications sont associés aux changements métaboliques et inflammatoires, au microbiote intestinal et aux performances cognitives.

Dans un premier temps, le suivi des patients sera fait à court terme puisque des améliorations de la performance cognitive ont été observées aussi tôt que 4 mois après la chirurgie. Cinquante individus sévèrement obèses (âgés entre 18-65 ans) en attente d’une gastrectomie pariétale à l’IUCPQ seront recrutés. L’étude comprendra 2 visites : i) 1 mois pré- et ii) 4 mois post-chirurgie. Des tâches cognitives seront effectuées chez tous les participants et des mesures d’IRM seront effectuées dans un sous-groupe de 30 participants. Le questionnaire Montreal Cognitive Assessment sera administré pour effectuer une évaluation globale du fonctionnement cognitif. Les fonctions cognitives seront mesurées en utilisant une batterie de tâches neurocognitives validées: i) le Stroop qui mesure la fonction exécutive; ii) le Trail Making Test qui mesure la flexibilité cognitive; iii) le Digit Span qui mesure la mémoire de travail à court terme; et iv) le Delay Discounting qui mesure l’impulsivité. Le matin de chaque session d’IRM, des échantillons de sang seront prélevés à jeun pour mesurer les taux de cytokines inflammatoires (LBP, interleukine-6, protéine C réactive), le profil lipidique et l’homéostasie du glucose. Des échantillons de selles seront collectés par les participants avant la chirurgie et les jours avant les sessions d’IRM afin de mesurer la composition du microbiote par séquençage de la région V3-V4 du gène 16S de l’ARNr bactériens. Le protocole d’IRM cérébral comprendra : i) des images anatomiques du cerveau qui permettront de mesurer la densité des matières blanche et grise; ii) une IRM fonctionnelle au repos qui permettra de mesurer la connectivité entre les différentes régions du cerveau; iii) des images T2 et FLAIR qui permettront de mesurer les hypersignaux au niveau de la matière blanche; et iv) des séquences DTI qui permettront de mesurer l’intégrité des faisceaux de matière blanche. 

 

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Jean-Philippe Drouin-Chartie

Faculté de pharmacie, Université Laval

Angelo Tremblay

Département de kinésiologie, Faculté de médecine, Université Laval

Jacques Corbeil

Département de médecine moléculaire, Faculté de médecine, Université Laval

Patrick Couture

Département de médecine, Faculté de médecine, Université Laval

Résumé

L’hypercholestérolémie familiale (HF) est une maladie causée par des mutations génétiques diminuant la capacité de l’organisme à éliminer le cholestérol (C)-LDL de la circulation sanguine. L’HF se manifeste par des concentrations très élevées de C-LDL et le développement précoce d’athérosclérose. L’HF hétérozygote affecte environ une personne sur 100 dans la population canadienne-française, ce qui en fait la maladie monogénique provoquant des maladies cardiovasculaires (MCVs) la plus fréquente au Québec.

Le traitement de l’HF vise à normaliser les niveaux de C-LDL. Toutefois, notre compréhension du potentiel cardioprotecteur des saines habitudes de vie (c.-à-d. manger sainement, être physiquement actif, consommer de l’alcool modérément, ne pas fumer, dormir suffisamment) dans l’HF demeure très limitée. Par exemple, il n’y a aucune donnée de qualité sur le rôle de l’alimentation dans la prise en charge de cette maladie. Des données émergentes suggèrent que des facteurs de risque à forte composante comportementale (obésité, hypertension, diabète, C-HDL) influencent le risque de MCVs des individus avec HF, soulignant ainsi toute la pertinence d’évaluer le potentiel cardioprotecteur d’un mode de vie sain dans cette population à très haut risque. Qui plus est, considérant que l’HF a des répercussions profondes sur le métabolisme des lipides, l’identification des mécanismes biologiques influencés par les habitudes de vie et impliqués dans le contrôle du C-LDL grâce à la métabolomique s’avère tout aussi essentielle à notre compréhension du potentiel cardioprotecteur d’un mode de vie sain dans l’HF. À l’ère de la médecine de précision, caractériser l’influence des habitudes de vie chez les individus avec HF permettra d’individualiser le traitement de cette maladie en orientant sa nature et son intensité.

L’objectif général est d’évaluer comment un mode de vie sain, défini par 5 habitudes de vie favorables (manger sainement, être physiquement actif, consommer de l’alcool avec modération, ne pas fumer, dormir suffisamment) influence la santé cardiovasculaire d’individus avec HF. Les objectifs spécifiques sont :

1. Évaluer les associations entre l’adhésion à un mode de vie sain et les concentrations de C-LDL;

2. Identifier les métabolites plasmatiques associés à un mode de vie sain;

3. Évaluer les associations entre les métabolites plasmatiques influencés par le mode de vie et les concentrations de C-LDL.

Ce projet pilote est une étude transversale nichée dans la cohorte CARTaGENE. Entre 2009 et 2014, 43,000 adultes âgés entre 40 et 69 ans vivant au Québec ont été recrutés et ont complété des questionnaires validés sur leur santé et leurs habitudes de vie (alimentation, activité physique, sommeil, tabagisme, alcool). Les participants de CARTaGENE atteints d’HF hétérozygote seront identifiés et sélectionnés à partir de la définition canadienne de l’HF. Un survol préliminaire de la cohorte a permis d’identifier >1,500 participants susceptibles d’avoir l’HF. Chez chacun des individus sélectionnés, un score de mode de vie sain (sMVS) variant de 0 à 5 sera créé selon l’adhésion à chacun des 5 comportements favorables suivants : 1) qualité nutritionnelle (Alternative Healthy Eating Index) >60%, 2) >30 minutes d’activité physique modérée/jour, 3) dormir 7-8h/jour, 4) ne jamais avoir fumé, 5) consommation d’alcool modérée (femmes : 5-15 g/jour ; hommes : 5-30 g/jour).

Nous évaluerons la relation entre le sMVS et les niveaux de C-LDL avec des régressions linéaires multiples (obj. 1). Nous doserons les métabolites plasmatiques par LC-MS dans 250 individus avec un sMVS faible (≤1/5) et dans 250 individus avec un sMVS élevé (≥4/5). Cette discrimination permettra d’identifier les métabolites influencés par les habitudes de vie avec des techniques d’apprentissage machine (analyse ciblée : elastic net regression ; analyse non-ciblée : set covering machine). Enfin, nous évaluerons la relation entre les métabolites identifiés en 2 et le C-LDL avec des régressions linéaires multiples (obj. 3).

 

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Sophie Veilleux

Département de management, Faculté des sciences de l’administration, Université Laval

Vincent Fradet

Département de chirurgie, Faculté de médecine, Université Laval

Résumé

Pour les professeurs universitaires, la recherche collaborative avec l’industrie comporte des avantages et certains défis, particulièrement lorsque l’initiative de l’idée de recherche vient du professeur. En milieu académique, les moyens ne sont pas les mêmes pour mener des essais cliniques à grande échelle tels que ceux menés par l’industrie des nutraceutique, notamment pour prévenir l’apparition d’une maladie. Les conflits de responsabilités des professeurs et de leurs équipes surchargées rendent la gestion de ces études cliniques difficiles. L’avancement des thématiques académiques est conséquemment plus lente que celui basé sur une gestion de portefeuille d’actifs scientifiques de l’industrie, appuyée avec des ressources importantes. Dans un tel contexte d’asymétrie des ressources, comment valoriser les retombées de recherche en partenariat avec l’industrie nutraceutique de façon mutuellement bénéfique?

Identifier les enjeux du processus de valorisation de la propriété intellectuelle dans le contexte d’un essai clinique nutraceutique en partenariat avec l’industrie en termes de : 1) financement des infrastructures de recherche clinique; 2) ressources disponibles pour atteindre les objectifs; 3) réciprocité des bénéfices attendus entre les partenaires.

Pour répondre à notre question de recherche et atteindre notre objectif, nous conduirons une étude de cas longitudinale d’un projet de recherche. Nous saisissons l’opportunité d’une étude clinique arrivée à maturité, financée principalement par une subvention octroyée à un chercheur du Centre NUTRISS, dont une partie du financement supplémentaire provient d’un partenaire industriel. Il s’agit d’un essai clinique testant les effets sur le cancer de la prostate d’un produit nutraceutique innovateur (monoglyceride d’EPA). L’étude de cas de déroulera sur un an avec une approche par triangulation des sources de données. Des entrevues semi-dirigées d’une durée chacune de 90 minutes seront menées avec l’équipe de recherche de l’essai clinique et le partenaire industriel, ainsi que les avocats du centre de recherche qui ont supervisé la relation contractuelle. Des sources de données secondaires seront également analysées telles que la demande de fonds et les ententes légales interinstitutionnelles. Enfin, des observations systématiques basées sur grille multicritères seront réalisées lors des rencontres de suivi de projet.

 

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Guide des meilleures pratiques de la recherche partenariale université-industrie

Guide des meilleures pratiques de la recherche partenariale université-industrie

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